Plongée dans la campagne islandaise – La lettre à Helga

Bonjour à tous, et bienvenue aux nouveaux visiteurs. Attrapez un bon plaid et une boisson chaude: aujourd’hui, c’est lecture nordique…

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« Tu sais Helga, j’ai entendu dire que d’anciens poètes du temps des grecs et des romains ainsi que de grands philosophes et des sages du monde comparent la vie au rêve et à la fiction. Mais chez nous, pas la peine de chercher midi à quatorze heures. On trouve la même sagesse en se tournant vers sa grand-mère qui, sans savoir lire ni écrire, pouvait réciter un poème dont elle ignorait l’auteur, et qui n’avait jamais été jugé digne d’être couché par écrit »

En achetant ce livre, j’ai tout de suite vu qu’il était beau, beau à l’extérieur. Même si décorer la bibliothèque n’est pas la qualité première d’un livre, j’étais déjà séduite.

La lettre à Helga dépeint une passion, nue et sans fioritures. La passion de Bjarni pour sa voisine, grâce à laquelle Bergsveinn Birgisson nous invite à découvrir l’Islande et l’exotisme de la culture scandinave. Il le fait en empruntant la voix d’un vieil homme au bord de la mort, qui écrit sa dernière lettre à la femme qu’il a aimée.

Le premier chapitre est un prélude curieux pour une lettre d’amour. C’est un monologue de personne âgée qui compte ses morts et nous livre quelques souvenirs en demi-teintes. Il parle de la mort de sa femme à la femme qu’il aime.

Dans la suite du roman, Bjarni raconte « la saison des amours de sa vie » et son amour pour sa terre et sa culture. Il le fait simplement, avec beaucoup de poésie. Paysan pétri de littérature scandinave, il fait presque corps avec la terre, les paysages qui l’entourent, et ses bêtes, parfois jusqu’à l’excès.

Cet amour mis à nu est souvent cru, parfois dérangeant.

En 131 pages, Bergsveinn Birgisson nous plonge dans la campagne islandaise, qui n’a pas grand chose de commun avec les campagnes que nous connaissons en Bretagne, en Normandie ou dans le Périgord.

Les personnages sont attachants, l’humour qui se glisse entre les pages rend le récit plus léger. Je vous livre un extrait de mon anecdote préférée, celle de la petite vieille, morte en hiver sur une île, que son mari, faute de pouvoir enterrer, met au fumoir en attendant le printemps. Voilà comment elle commence:

« C’est par un temps pareil, entre Noël et le jour de l’an, que la vieille Sigridur de Holmanes passa l’arme à gauche, et ce n’était certes pas la période la plus commode que la grande Faucheuse avait choisie pour faire son coup. « Quand l’heure est arrivée, nul ne peut y échapper » dit le poète Hallgrimur. Je me souviens que la peine causée par le décès fut totalement supplantée par le soucis de savoir comment diable on allait pouvoir enterrer la vieille » p. 49

Le roman s’ouvre sur une dernière page lumineuse et sans concessions, où le vieil homme fait un dernier pèlerinage dans le paysage et sur la femme qu’il a aimée.

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